A grand fracas, le procureur argentin, Gustavo Gomez poursuit l’idée de la création d’un tribunal pénal international pour l’environnement permettant de poursuivre pour des « délits environnementaux » les multinationales qui n’ont pas toujours un grand souci de propreté.
Le côté distrayant de la nouvelle réside une fois encore dans la liberté prise dans les définitions du droit : en théorie, jusqu’à ce jour, seuls les sujets de droits sont aptes à ester en justice, ce qui réduit les cas de figure aux personnes physiques et morales. L’environnement, en tant que tel, tout comme les règnes animaux et végétaux qui le constituent entre autres, sont des objets de droits, c’est-à-dire des entités qui peuvent faire l’objet de droits mais qui ne peuvent pas ester en justice. Dans ce cas de figure, on comprend la difficulté que ce genre de tribunal pénal peut rencontrer à sa constitution.
Mais avant de rencontrer des arbres plaideurs, n’oublions pas que la principale cible de cette incongruité juridique est, à nouveau, les multinationales. Quel signal peut-on déceler derrière ce fantasme ?
Dans la lutte éternelle qui oppose les milieux financiers et les nations pour le pouvoir économique et social, les Etats ne sont pas particulièrement les mieux placés pour faire pression. Ce n’est un secret pour personne que les capitaux sont relativement mobiles et c’est pourquoi il est toujours plus facile pour des politiciens de taxer de l’immobilier que de la valeur monétaire. Lorsqu’à ce constat dynamique, on superpose la réalité de l’endettement des Etats, on se rend compte de la faiblesse du milieu politique à transformer dans le réel ses aspirations hégémoniques !
Ainsi, pour contrer le développement des multinationales, par le biais de la traque à la pollution (partant du principe que ce n’est pas la pollution qui permet de faire du chiffre mais qui peut diminuer les charges d’une entreprise) et, du fait que des Etats plus faibles acceptent pour le coup des normes environnementales moins strictes que leurs voisins, voir émerger un tribunal pénal international pour l’environnement présente un autre avantage : celui de pouvoir passer outre les facilités environnementales offertes par un pays frontalier.
Du reste, et étant donné les lobbys actuels, les marchés financiers ne doivent pas ignorer la menace réelle de la constitution d’une telle armada judiciaire qui en séduira plus d’un. Cet élément s’inscrira probablement dans le réel et à la suite du développement de la folie environnementalisante fort présente en Occident qui veut défendre des intérêts supérieurs à l’individu par un accès frelaté à un vague relent de transcendance en faveur d’une Nature déifiée et, devant l’immensité de celle-ci, permettant aux meilleurs avocats de cette thèse ridicule de pouvoir défendre tout et son contraire contre le capital.
L’équipe de Eurasian Finance ©
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