Jusqu’à ce 3 juin 2012 se tient au Musée des Beaux-Arts de Gand une exposition consacrée à l’artiste Ford Madox Brown (1821-1893). Peu connu du grand public, il fut pourtant l’un des précurseurs d’un mouvement appelé à connaître une place d’importance au sein de l’histoire de l’art : le préraphaélisme.
Ce courant pictural apparut en Angleterre au milieu du XIXe siècle, sous l’impulsion de trois jeunes étudiants de la Royal Academy avides de modernité : William H. Hunt, John E. Millais et Dante Rossetti. Ceux-ci, las de l’enseignement académique qu’ils estimaient sclérosé et pesant, cherchèrent un nouveau mode d’expression picturale : ils le trouvèrent dans les couleurs flamboyantes et les formes non maniérées des Primitifs flamands et italiens. Ainsi, comme son nom l’indique, le mouvement préraphaélite s’était fixé pour but premier de rompre avec les règles esthétiques académiques, basées exclusivement sur les acquis de la Renaissance – en l’occurrence de Raphaël, dont La Transfiguration (1518-1520) “devait être condamnée pour son mépris grandiose de la simplicité de la vérité, la pause pompeuse des apôtres et l’attitude non spirituelle du Sauveur” selon Hunt. L’aspect purement esthétique étant une chose, le contenu en était une autre : les scènes de genre, doucereuses et très en vogue à l’époque, leur étaient insupportables. Ils affectionnaient plus volontiers les scènes empreintes d’une chrétienté mystique ou d’une nature exaltée, mais développaient également un réalisme sensible aux questions sociales.
C’est précisément dans ce domaine que Ford Madox Brown s’illustra. Né à Calais, il s’était formé dans les académies de Gand, Bruges et Anvers où il se familiarisa avec les œuvres des Primitifs flamands. S’installant à Londres en 1841 suite à son mariage, il conserva ce style typique de nos régions dans sa production. Son travail suscita rapidement la fascination d’un jeune élève dont il devint le professeur : Dante Rossetti. Celui-ci allait bientôt fonder la confrérie préraphaélite, que le maître ne tarda pas à rejoindre, adhérant entièrement, si ce n’est au groupe, très certainement aux idées de celui-ci.
En effet, son travail mêle scènes religieuses à tendance médiévale, marquées d’une grande dévotion, et réalisme socialement engagé, les deux étant in fine intimement liés aux yeux des Préraphaélites. Considérant que la société avait perdu toute morale depuis la Révolution Industrielle, ils espéraient lui en redonner quelque peu, tant par le biais de la piété que par l’éveil des consciences. C’est ainsi que l’on découvrira en les murs du Musée des Beaux-Arts de Gand, parmi nombre d’autres pièces du peintre, le chef-d’œuvre Work (1852-1863), photographie peu flatteuse de la société anglaise du XIXe siècle, de son industrialisation et de ses dérives.
Ford Madox Brown – Pionnier des Préraphaélites
Quand ? 25/02/2012 > 03/06/2012 | Ouvert du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00
Lieu ? Musée des Beaux-Arts (MSK – Museum voor Schone Kunsten) | Citadelpark | 9000 Gent
Contact ?
Tel. +32 9 240 07 00
Fax. +32 9 240 07 90
E-mail : museum.msk@gent.be
Site web : www.mskgent.be
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