Relativement discrète au sein de l’Union européenne et de la zone euro, qu’elle a rejoint en 2009, la Slovaquie peut figurer sur bien des points comme un Etat alliant rigueur et croissance.
Tandis que, il y a quelques années, on entendait les termes de « pays périphériques de la zone euro » en y associant une image de fragilité, la Slovaquie n’entre en rien dans l’image d’un pays à l’économie hors de contrôle.
Pourtant, il serait inapproprié de voir en cet état slave un modèle de réussite sans efforts, car c’est un nouveau plan d’austérité qui vient d’être adopté sous le gouvernement de gauche, mené par le parti Smer-SD. Comme quoi « austérité » et « croissance » ne sont pas forcément antinomiques, Bratislava espère un déficit de 4,6% du PIB, ce qui est très raisonnable, et vise un passage sous les 3% de déficit en 2013. La Commission européenne, quant à elle, voit la Slovaquie atteindre une croissance en 2012 de 1,8%, soit le niveau le plus élevé de toute la zone euro. La NBS, banque centrale slovaque est plus optimiste en visant jusqu’à +2,5% de croissance ; mais l’établissement précise d’emblée que ce chiffre se calcule sur base d’une stabilisation de la crise, ce qui permet de concevoir sans peine que cette croissance est sans doute un peu plus optimiste que de raison.
Au demeurant, cette petite précaution prise, la Slovaquie reste un pays assez dynamique autour de la monnaie unique. A ce titre, elle a ratifié le 22 juin dernier le Mécanisme européen de stabilité (successeur du FESF, opérationnel le 9 juillet prochain), rejoignant ainsi dans l’acte, la France, le Portugal, la Grèce, la Slovénie et la Finlande.
A l’heure où la solidarité dans la crise financière en Europe fait couler beaucoup d’encre, soulignons la patience de la Slovaquie qui s’est tirée seule de l’effondrement de son système bancaire en 1999.
Ainsi, la crise de la zone euro peut être vue comme une crise monétaire dont la résolution – ou l’amélioration – ne pourra faire fi trop longtemps de la clémence des Etats plus en équilibres, plus alertes, ou, tout simplement, plus responsables : la Finlande a déjà annoncé, comme l’Allemagne bien avant elle, qu’elle ne prêterait plus sans garantie. L’image de la même exigence venant d’un Etat effondré financièrement presque quinze ans plus tôt pourrait devenir bientôt une nouvelle tache noire dans l’histoire de la monnaie unique.
Que les pays en crise prennent bien garde…
L’équipe de Eurasian Finance ©
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