Le choc des civilisations, une vision… by leseditionsromaines
Suite à sa parution il y a déjà quinze ans, Le choc des Civilisations, ouvrage phare de Samuel Huntington, suscita de nombreuses controverses. Bien que malmenée, la théorie de Huntington prônant l’apparition de conflits non plus territoriaux ou idéologiques mais civilisationnels ne s’avère pas complètement fausse au regard des événements de ces dernières années. C’est à ce propos que François-Bernard Huyghe, chercheur à l’IRIS France et spécialisé dans la stratégie de l’information s’est entretenu avec EurasianFinance. Il observe ainsi que le fantasme du système occidental – et américain en particulier – comme accomplissement de toute société humaine, idée qui fut au faîte de sa gloire suite à la chute de l’URSS en 1991, tend à s’étioler. Ainsi s’est heurtée la politique d’enlargement américaine à la résistance d’éléments archaïques, tels que l’islamisme. Deux modèles diamétralement opposés mais qui pourtant partagent leur ethnocentrisme, fardé d’universalisme. Les salafistes ne prônent pas leur supériorité ethnique ou territoriale, mais bien la supériorité du message de l’islam. Le modèle américain quant à lui ne conçoit pas que l’on puisse appliquer son système (et sa réussite) économique sans épouser ses normes sociopolitiques et son sens du progrès. La Chine en constitue le parfait exemple ; à ce titre, elle devient le nouvel « ennemi » de prédilection américain, succédant à l’islamisme dont la menace n’est plus la priorité du Pentagone. En effet, l’idée du péril chinois se développe fortement au sein des cercles dirigeants et autres think tanks américains. Cela est d’autant plus tangible que ces « organisations matérialisées d’influence », telles que les nomme F-B Huyghe, prennent de plus en plus d’importance vis-à-vis du pouvoir politique traditionnel, opérant de la sorte une transformation profonde de nos démocraties.
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