Le Maroc a retiré la semaine passée sa confiance à Christopher Ross, diplomate américain mandaté par l’ONU pour résoudre ce conflit vieux de trente-cinq ans, en raison des positions tenues par ce dernier que Rabat estime « partiales » et « déséquilibrées ».
A la suite du retrait des colons espagnols en 1975, le Sahara occidental fut partagé entre le Maroc et la Mauritanie lors des Accords de Madrid. Dès 1976, le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui établi en 1973, peu enclin à accepter ce qu’il considérait comme un simple changement d’occupant, créa la République arabe sahraouie démocratique. Malgré le renoncement mauritanien à sa fraction de territoire en 1979, cédée à la RASD, les tensions entre cette dernière et le Maroc n’ont cessé de s’accentuer dans les années 1980, pour finalement aboutir à un cessez-le-feu en 1991 suite à l’intervention des Nations unies. Depuis, la situation semble bloquée.
En effet, le Maroc estime que ce territoire lui revient historiquement et constitue ses provinces méridionales. La République arabe sahraouie démocratique, soutenue par l’Algérie qui y trouverait un accès à l’Atlantique ainsi qu’à d’importantes ressources en or et en phosphate, clame quant à elle son droit à l’autodétermination des peuples et souhaite la tenue d’un référendum. C’est cette solution qui est privilégiée par la mission onusienne établie sur place depuis 1991, ne reconnaissant ni la légitimité du gouvernement sahraoui ni la souveraineté du Maroc sur ces territoires. Mais de profondes dissensions au sujet de la définition du corps électoral ont rendu jusqu’ici impossible la tenue d’un tel référendum. Les efforts marocains, appuyés par ses alliés traditionnels, la France et les Etats-Unis, consistant à accorder au Sahara occidental un statut autonome au sein du royaume en 2007 sont également restés vains.
C’est dans ce contexte difficile qu’a été nommé en 2009 Christopher Ross en tant que nouvel émissaire spécial par Ban Ki-moon. Près d’une dizaine de pourparlers informels ont ainsi été organisés entre les deux parties, sans qu’aucune solution ne se dessine. Par son récent coup de boutoir, le Maroc reproche au diplomate américain l’absence de contacts directs suivant ces pourparlers, ainsi que de se conformer trop rapidement aux exigences du Polisario. En effet, c’est l’option référendaire qui semble aujourd’hui avoir la préférence de Christopher Ross, option à laquelle le Maroc se montre toujours défavorable. Alors que l’ONU a réitéré sa confiance en Christopher Ross, la France de son côté regarde toujours le plan d’autonomie limitée proposé par Rabat comme « la seule proposition réaliste ».
Aujourd’hui, le Sahara occidental n’a toujours pas de statut fixe et est ainsi considéré comme territoire non autonome et sans administration par l’ONU. Région économiquement séduisante de par ses bassins miniers, sa situation à proximité du Sahel et de ses récents débordements islamistes inquiète également les Occidentaux. En dépit de la volonté marocaine d’aboutir à une solution dans la sérénité, gageons que les derniers événements ne promettent au Sahara occidental un avenir proche guère mieux défini.
L’équipe de Eurasian Finance ©
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