Crise de la zone euro : Moody’s en rajoute !
Un certain cynisme trouverait la situation actuelle passionnante. L’Espagne faiblit, la Grèce rentrera encore davantage dans l’événement de crédit ou dans la poursuite peu crédible d’un improbable roll-over de sa dette, l’Italie est exsangue, le Portugal, plus discret, ne se redressera pas son PIB en 2013… Sur un autre flan, la même agence de notation sanctionne quinze banques européennes, mais menace également à terme, par les changements de perspective sur l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg passant à « négative », d’abaisser la note de ces trois pays qui perdraient leur triple A à leur tour, laissant la Finlande seule à conserver la note maximale au sein de la zone euro.
En Allemagne, l’annonce a fait l’effet d’une belle récupération par les partis eurosceptiques qui encourage la chancelière à voir dans cette déclaration de l’agence américaine le signal que l’Allemagne a assez donné aux pays européens du sud.
Parallèlement, à cet aspect national, l’Europe aussi semble commencer à se diviser sur la question, étant donné que, d’une part, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, veut rassurer les marchés en déclarant dans un communiqué que les fondamentaux des trois pays visés restent sains – ce que Mme Merkel confirme pour l’Allemagne en relevant que les difficultés que l’Allemagne pourrait traverser sont des difficultés de court terme tandis que Moody’s ne semble pas se prononcer sur la stabilité à long terme du pays – et que d’autre part, le Président de la Commission, M. Manuel Barroso, exige de la Grèce des résultats pour que celle-ci reste dans la zone euro. En dehors des sphères politiques, certaines institutions financières estiment le risque de voir la Grèce quitter la zone euro dans un horizon d’un an et demi à 90%.
En conclusion, la sortie de crise ne peut se réaliser dans un cadre où de telles accélérations se profilent : l’Espagne voit son taux d’intérêt pour emprunter partir en flèche, ce qui ne manquera pas d’avoir des incidences sur les promesses de bonne foi faites avant ce changement de paramètres.
On ne s’étonnera donc pas de voir émerger de plus en plus fortement les propos plaidant pour une union fiscale et monétaire dont la propriété de tamponner la volatilité de ce type de paramètres permettrait effectivement à des économies méridionales de se redresser… mais à quel prix pour l’Europe..?
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