Espagne, un sauvetage nécessaire…

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Voici près de deux semaines que l’Espagne fait parler d’elle sur la sellette de la crise de la zone euro. Le taux d’emprunt du pays sur les marchés financiers a à présent dépassé les 7,3%, ce qui est proprement insoutenable pour le pays qui serait emprisonné dans une dynamique d’endettement par l’intérêt. Le PIB, de surcroît, sera encore en récession cette année et en 2013.

 

Quatrième économie de la zone euro, l’Espagne entraîne malgré elle les marchés financiers à la baisse, ceux-ci réagissant violemment au risque accru apporté par le pays méditerranéen sur la monnaie unique. L’accord de l’octroi d’une aide de 100.000.000.000 d’euros, adopté même par la Finlande, n’a pas suffi à freiner les craintes des investisseurs.

 

A titre d’exemple, sur le marché français, Crédit Agricole est également une victime collatérale des stresses espagnols : fortement impliquée dans des investissements en dettes souveraines, la banque française passe de Grèce en Espagne comme d’autres de Charybde en Scylla ! Qu’importe le réel engagement du Crédit Agricole dans la dette hispanique, la banque dévisse depuis deux jours de près de 10%, ce qui est plus que ces consoeurs parisiennes.

 

Mais à cela s’ajoute la probabilité accrue d’un « éclatement de la zone euro ». Derrière ce terme, propre à habiter toutes les terreurs, s’évoque juste l’éviction de certains Etats européens du groupe de la monnaie unique. C’est en ces termes que M. Bruno Colmant s’exprimait le 19 juillet dernier dans l’édition du journal Le Soir, en Belgique.

 

La Grèce, le Portugal, Chypre, mais aussi l’Italie et l’Espagne sont les pays qui se trouvent aux portes de la zone euro dans ce scénario, qui, par le retour à des devises nationales, permettrait aux nationaux de retrouver la possibilité d’un levier d’action sur les parités de leurs monnaies. Cette solution ne pourra de toute façon pas se faire sans heurts car une dévaluation de la monnaie par rapport aux emprunts effectués antérieurement, signerait une envolée significative de la dette de ces Etats… mais leur permettrait également de pouvoir redevenir une terre intéressante pour l’investissement étranger.

 

Mais au-delà de ce scénario rapidement brossé, une question est encore plus importante : quel système économique l’Espagne peut-elle adopter sachant que d’ores et déjà la Murcie et Valence ont demandé l’aide financière de l’Etat ? Les régions espagnoles ne peuvent plus se financer sur les marchés et passent donc par l’Etat, mais cet état des choses provient précisément du fait que leur déficit est tel que les marchés refusent leur financement, tandis que l’endettement des régions espagnoles comptent pour deux tiers de l’endettement total du pays ! On se retrouve là aussi dans une configuration de contrôle et de transparence plus difficile dans la mesure où un sauvetage de l’Espagne sans contrôle sur l’économie régionale risque de se transformer en nouveau tonneau des Danaïdes financier !

 

L’équipe de Eurasian Finance ©

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