Le brevet : outil incontournable ou désuet à l’heure de l’économie de la connaissance ?

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Modèle de brevet chinois

Modèle de brevet chinois

L’ensemble des milieux se déclarant inscrits dans l’économie de la connaissance (ou la société de la connaissance) ont pour point commun le regard prospectif tourné vers une économie corrigée à l’aune des transformations des outils de communication et de diffusion de l’information.

Il n’en fallait pas plus pour qu’une fraction de ces penseurs viennent à remettre en cause la logique économique des brevets – ou des droits d’auteurs. Se basant sur le fait qu’en transmettant une connaissance, l’émetteur ne s’en défait pas, ceux-ci concluent qu’aucun échange monétaire classique ne saurait décrire économiquement, sinon éthiquement, ce transfert qui ressemble furieusement à un partage. Cette logique est cohérente, mais ne se borne malgré tout qu’au dernier maillon de l’économie de la connaissance, à savoir sa diffusion. Poussée à outrance, cette logique viendrait à condamner comptablement les services intellectuels comme de la consultance en management, etc.

En amont de cette diffusion se situe toute la problématique de la constitution de la connaissance. En effet, le facteur limitant dans notre société n’est plus comme auparavant l’accès à l’information, mais la sélection de l’information vers un produit fini de type connaissance.

A ce titre, la financiarisation, ou du moins la commercialisation, de la connaissance doit tenir compte avant tout de ce travail préparatoire qui transforme un ensemble d’informations en connaissance. Ce process, plus difficile à circonscrire économiquement que dans le cadre industriel, reste la clé de voûte de toute l’économie de la connaissance. A cette première difficulté s’ajoute tout naturellement le potentiel économique issu de cette connaissance, potentiel qui soulève également des questions d’ordre méthodologique à la quantification.

Le brevet, dès lors, peut-il servir d’objet synthétique pour intégrer dans son objet ces deux axes différents ? Dans son acceptation industrielle et R&D, plus que jamais, le brevet reste une assurance de la défense des concepteurs supérieure à un système qui serait privé de cette reconnaissance enregistrée.

A titre d’exemple, citons la Chine qui n’a introduit les notions de propriété intellectuelle et de brevet que dans le courant des années ’80. Cette approche de « propriété intellectuelle » était totalement absente de la mentalité chinoise issue du confucianisme  où rechercher son intérêt était perçu comme une profonde mesquinerie par rapport au bien sur la communauté. Inutile de rappeler que ce précepte fut récupéré par les visions communistes qui ont sévi sur l’Empire du Milieu dans la plus grande partie de la seconde moitié du vingtième siècle. Il a résulté de cette absence de reconnaissance une culture économique considérant sur un pied d’égalité versions originales et contrefaçons, avec tous les dégâts d’image commerciale que cela a occasionnés à la Chine durant toute sa période post-communiste !

Aujourd’hui, le nombre d’enregistrements annuels de brevets est supérieur en Chine par rapport à partout ailleurs. Toutefois, il faudra analyser cette statistique descriptive avec sagesse, car la véritable économie de la connaissance est celle qui permet la transformation de l’innovation en puissance économique pour aujourd’hui et demain, faisant passer l’implicite (la connaissance) à l’explicite (l’économie compétitive).

L’équipe de Eurasian Finance ©

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