En dépit des efforts, de l’Espagne à l’Europe, le secteur financier ne trouve toujours pas sa voie…
Le gouvernement espagnol se lance suite à sa signature vendredi 31 août dans une nouvelle réforme qui devrait permettre à son secteur financier d’être à nouveau opérationnel sans nouvelles aides de l’Etat. Cette réforme vise à restructurer les entités de crédits des banques et conduira à assainir le système financier espagnol.
Ces mesures permettront notamment aux banques d’être nationalisées plus facilement tandis que leur ratio de solvabilité, mesure définie par Bâle II, passera à 9% en lieu et place de 8% des fonds propres.
Si la bourse de Madrid a accueilli avec un engouement parfait cette information, cela ne doit malheureusement pas être perçu comme une bonne nouvelle absolue pour l’économie espagnole : forte d’un bon million de biens immobiliers sans acheteurs, l’Espagne a tout intérêt à encourager les investisseurs étrangers à s’intéresser à son parc immobilier : sa population, touchée par la récession et lourdement par le chômage, ne rencontrera aucune facilité de crédit avec ce relèvement du ratio de solvabilité. Il y a fort à parier que le prix de l’immobilier espagnol gardera un bon intérêt pour les capitaux étrangers que ce relèvement de 1% ne découragera pas tandis que les ménages hispaniques ne profiteront pas du redressement de l’économie sous-jacent à une reprise possible de l’activité immobilière.
Ce cas national coïncide avec les déclarations de Michel Barnier, Commissaire européen chargé du Marché intérieur, affirmant que les six mille banques de la zone euro, à compter du 01 janvier 2014 seront « supervisées ». La métaphore suit un tel programme lorsque l’on déclare dans le même mouvement que la BCE sera le pivot de ce dispositif européen tandis que la supervision en tant que telle relèvera de l’autorité d’un conseil distinct du conseil des gouverneurs. Ce nouvel organisme sera tenu de rendre des comptes au Parlement européen, sous prétexte de contrôle démocratique.
Voici en tout cas une nouvelle institution qui part de zéro et qui aura son coût supplémentaire sur le budget européen tandis que, vu de l’extérieur de la zone euro, cet énième service public européen, précisément de par sa séparation de la BCE sera perçu comme source de désordre en cas de besoin de réactivité commune face à une nouvelle crise touchant de près ou de loin le secteur bancaire dans son ensemble.
Dès lors, en dépit de ses défauts, qu’ils soient structurels ou politiques, la FED américaine gardera comparativement, à stress égal, une réactivité supérieure à ses homologues européens, disloqués les uns des autres, et, partant, une certaine efficacité compétitive.
L’équipe de Eurasian Finance ©
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