Heureux qui comme Pascal Courcelles, cultivait sa toile

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image001Depuis sa première exposition en 1993 à la Galerie Damasquine aujourd’hui disparue, Pascal Courcelles n’a cessé de « jardiner » en quelque sorte … sa peinture tel un medium-semence d’où ont jailli des centaines de paysages aussi « tangibles » que rétiniens. Des paysages que l’imaginaire de l’observateur rapprochait sans mal  du thème de Dame Nature.

Cet amoureux de la rose (« Nathalie », sa dernière création, porte le nom de son épouse), il en a créé plus de 250 dans un éden conçu à l’origine pour la naissance de son fils.

 Pascal Courcelles est  « extrêmement peintre » !

 Cet humaniste respectueux de la vie et attentif à son exubérance, y a toujours exalté le côté joyeux. Il aura fait jaillir la couleur en torrents, cathédrales, sentiers tortueux, montagnes ou étendues de mers, ciels ou déserts. Une communauté d’esprit avec Maurice Wyckaert ?

Il aime parler de la matière que constitue la peinture à l’huile. Elle, qu’il « confectionne »  ou « façonne » littéralement à l’aide de copeaux trempés dans l’huile de lin, de sciure, de reliquats de tubes ou de pinceaux (« rien ne se perd ») dans le but suprême d’y magnifier le pigment.

Car telle sera la « potion » qui donnera à sa toile la vie pour laquelle elle a été conçue.

 Plus jeune, ce fils de libraire affectionne les collages, leurs superpositions, multiples enchevêtrements et enchâssements enduits de medium. Par ce biais, il n’en est plus réduit à cet ennui que dégage à ses yeux la trop fréquente « lissitude » des choses du monde. Ces choses que la photographie, la carte postale, le magazine, autant de variantes du « papier », lui rappelaient.

 Avec Turner et Monet il réalise le rendu vibratoire de la lumière. Avec sa limite toutefois : la vibration est « figée » une fois pour toutes sur la toile.

 L’approche de la vision multi-angulaire des cubistes permet la recomposition sur la toile plane d’un volume dans chacune de ses dimensions.

Pascal Courcelles reprend cette « intention » à sa manière via une saturation extrême des images dans leur texture picturale. Ces images « chargées » de reliefs matiéristes, il en vient à les maroufler sur toile. Il les campe dans des « environnements » d’inspiration bucolique où le vert, le jaune et le bleu, notamment, dominent.

Techniquement, il s’agit donc de superposer des couches, de les mélanger, de les triturer.

L’artiste en vient à une peinture aux camaïeux colorés et « massifs ». Dans sa substance et ses profils, cette matière se trouve « percutée » au fil des heures, de manière changeante, par les rais de lumière, les accents d’ombre et de clarté que la lumière engendre – de bond en rebond – sur les reliefs de la toile ainsi travaillée. « Le tableau bouge » dit l’artiste.

 Déjà en 1995, Michel Baudson évoquait l’un des derniers dialogues de Platon, le « Timée », où il affirme que « les couleurs représentent l’effort de la matière pour se transformer en lumière ».

 Pascal Courcelles déclare en 2000 à Françoise Mortier : « L’enfance de mon art, c’est peut-être déjà mon enfance. Quand on fait des châteaux de sable, on est déjà dans la matière ».

 Dans les années 1990, il franchit un pas de plus lorsqu’il ressuscite, en leur donnant une vie nouvelle au terme du traitement décrit, des objets usuels tels que livres, boîtes, sphères ou assiettes. Ils seront à leur tour, et dans le même but, recouverts intégralement de masse picturale en reliefs.

 Vers l’an 2000, et pendant quelques années, Pascal Courcelles a renforcé dans ses tableaux la présence imagière de ses roses si chères à son cœur : masses et contours rendus bien lisibles sur fonds aplanis. Le souvenir de Giverny ?

 Aujourd’hui, au contraire, c’est la thématique de l’opposition ville-campagne qui l’interpelle.

Marqué par un voyage récent à Conques d’où il a retenu le silence de la chapelle et le recueillement auquel invitent les vitraux de Soulages, il se livre à une recherche nouvelle d’harmonie.

 Des plages entières de toile « raclées » au couteau à palette dans les sens vertical et horizontal alternent aujourd’hui avec les masses « en relief », références toujours présentes au monde de la Nature. La vie en ville, elle, demande une pause, plus que jamais.

 Les traces d’une respiration apaisée ? Sans doute l’univers pictural de Pascal Courcelles se trouve-t-il animé par l’élan d’un souffle nouveau …

Michel Van Lierde

 Le peintre Pascal COURCELLES – Exposition

Quand ? Les 15, 16, 22 et 23 septembre 2012 ; de 12h à 18h

Où ?  Rue du Patriote 1 |1461 Haut-Ittre

Contact : Tél. +3267 639737

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