La Chine se jette à l’eau
L’impressionnante croissance économique chinoise nécessite un approvisionnement énergétique conséquent, mais également varié. Parallèlement à l’exploitation intensive de son sol afin d’en extraire les « terres rares » (http://eurasianfinance.com/2012/04/la-chine-et-les-terres-rares-le-double-langage-occidental/ ), la Chine développe ainsi un nombre croissant de relations avec l’Afrique et l’Amérique du Sud, dans l’optique de s’y fournir en diverses matières premières.
Et le géant asiatique n’a pas fait l’erreur de négliger la manne énergétique potentielle que constituent les fonds marins. En effet, quelque 75% des océans – qui, rappelons-le non sans énoncer un truisme, recouvrent la majeure partie de notre planète – restant inexplorés, les ressources exploitables y sont encore, à n’en pas douter, légion. Or, ces dernières décennies, la Chine a prodigué beaucoup d’efforts pour rattraper son retard dans les programmes spatiaux et, plus particulièrement avec l’objet qui nous intéresse, sous-marins. En juin 2012, le « Jiaolong » a ainsi dépassé la profondeur des 6000 mètres : ce sous-marin est donc capable d’atteindre 70% des profondeurs océaniques, afin d’y collecter des échantillons de vie sous-marine, géologiques et miniers. Parmi ces échantillons se trouvent des nodules polymétalliques contenant une grande diversité d’éléments : manganèse, cuivre, nickel, cobalt. Des minéraux sulfurés à base de cuivre, de fer, d’or et d’argent essentiellement y sont également présents. Toutes ces matières s’avèrent très recherchées, par les industries de l’électronique notamment. Outre ces métaux, les fonds marins fourmillent aussi de sources d’hydrocarbure. Bien qu’il soit difficile d’accéder à ces nappes, elles sont déjà utilisées à moindre profondeur. Enfin, des scientifiques japonais ont mis en évidence une concentration en « terres rares » pouvant être jusqu’à 1000 fois plus élevée dans les fonds océaniques qu’en surface.
Une exploitation de ces ressources permettrait, dans un premier temps, à la Chine une plus grande flexibilité quant à l’utilisation de ses « terres rares ». Dans un second temps, elle pourrait alimenter son industrie de haute technologie et appuyer, entre autres, son programme spatial. Sans oublier que l’empire du milieu y gagnerait une plus grande autonomie concernant ses ressources énergétiques. Autant de raisons qui devraient entretenir sa volonté d’extension de ses eaux territoriales.
L’équipe de Eurasian Finance ©
Print This Post