Quatre années après la déclaration d’indépendance du Kosovo, l’Ecosse envisage la possibilité, dans deux ans, de prendre la même direction. Le Premier ministre écossais, Alex Salmond, a en effet déclaré qu’un référendum serait organisé à l’automne 2014 en vue de recueillir l’avis de la population quant à une éventuelle autonomie de l’Ecosse vis-à-vis du reste du Royaume-Uni. Ce n’est pas la première fois qu’une telle consultation aurait lieu ; en 1979 la même question, relative à l’indépendance écossaise, avait été posée et s’était soldée par un échec.
Pour rappel, l’Ecosse est dotée, depuis 1998, d’un parlement. Il s’agissait là d’un évènement majeur pour l’autodétermination de ce territoire, dès lors que l’Ecosse n’avait plus eu de parlement propre depuis 1707, date à laquelle elle avait été rattachée au Royaume-Uni.
Depuis 2011, la majorité de ce parlement est dévolue au parti conservateur – le Scottish National Party (SNP) – qui milite en faveur de l’indépendance écossaise, et dont le leader est le chef du gouvernement écossais actuel, Alex Salmond.
Forte aujourd’hui d’une population de 5,2 millions d’habitants (population équivalente à celle du Danemark), d’un PIB de 165 milliards d’euros et d’une économie dopée par le pétrole, l’Ecosse, par la voix de son parti majoritaire, le SNP, évoque plusieurs décisions, prises par Londres, dont elle ne souhaite pas partager la responsabilité et ne veut plus à l’avenir en subir les retombées : la participation à la guerre en Irak, la répartition de la manne du pétrole de la mer du Nord ou encore certaines décisions en matière économique, comme la politique d’austérité actuelle et les coupes budgétaires mises en œuvre.
Cela étant, pour l’instant, une majorité d’Écossais se dit toujours hostile à l’indépendance. D’après un sondage réalisé en février 2012, seuls 32 % des Écossais étaient prêts à voter en faveur de celle-ci. Beaucoup d’entre eux craignent, en effet, que cette indépendance s’accompagne de pertes d’emplois et d’une diminution des acquis sociaux (pension, soins de santé, etc.) ; craintes exacerbées par le contexte actuel de crise économique généralisée.
Probablement animé de la volonté d’emporter l’adhésion de ses concitoyens sceptiques, le Premier ministre écossais a toutefois déclaré, que si elle accédait à l’indépendance, l’Ecosse continuerait à être membre de l’Union européenne et tisserait un nouveau partenariat avec le reste du Royaume-Uni. Monarchiste affirmé, Alex Salmond a également affirmé que la Reine Elizabeth II en resterait le chef d’Etat.
Par ailleurs, ces velléités d’autonomie pourraient bien avoir des répercussions sur la scène européenne. En effet, si le référendum aboutissait à une réponse favorable à l’indépendance, le cas écossais pourrait créer un précédent. En Belgique par exemple, les autonomistes flamands pourraient bien s’inspirer du même type d’argument développé par le SNP pour se détacher de la Wallonie. Car, pour l’Ecosse comme pour la Flandre, il est bien question ici d’une séparation qui repose, certes, sur des facteurs politiques et culturels, mais surtout sur des raisons économiques, ce qui n’était pas le cas, par exemple, pour le Kosovo.
Enfin, plus globalement, il s’agit de se poser la question de l’opportunité d’une telle démarche d’autonomisation en cette période de crise. Faudrait-il, à l’avenir, privilégier le « chacun pour soi » par le canal de régions fortes politiquement et économiquement ou, au contraire, maintenir des Etats puissants, constitués de régions solidaires entre elles ; les plus riches soutenant les plus pauvres ?
Catherine Haquenne pour EurasianFinance
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Quel bonheur, si l’humanité accédait enfin à sa citoyenneté! car, si politique désignait bien à l’origine l’”organisation de la cité”, la république “la chose publique”, la démocratie “le pouvoir du peuple”, comment ne pourraient-ils pas bien mieux s’exprimer dans une multitude de régions que dans un ensemble ubuesque d’états néo-aristocratiques*? Pour autant, il faudrait peut-être considérer que l’Ecosse, c’est encore trop gros, car d’ Aberdeen à Glasgow, la route est longue? Il ne faudrait pas pour autant retomber aux villages gaulois, et de l’autre côté, il faudrait que la France divise par 4 au moins le nombre de ses communes, et supprime ses départements, et au bas mot deux millions de fonctionnaires et assimilés. Quant à la solidarité entre les régions, elle ne pourrait pas mieux s’exercer si les régions riches avaient une croissance propre à appeler de la main d’oeuvre de régions moins riches. Des français en Ecosse, des espagnols en Allemagne, il y en a déjà, mais bien peu, au regard des possibilités et des besoins.
*dont certains ont une taille ridicule relativement à une région française
ANTOINE
September 30, 2012 at 7:18 am