Les dernières actualités macroéconomiques américaines et européennes valent le détour d’une analyse. En effet, pour qui regarde certains paramètres concernant la zone euro, une certaine euphorie pourrait les gagner. Celle-ci sera-t-elle de long terme ? Là reste toute la question.
A une dégringolade de la parité euro/dollar entraînant le dollar dans un mouvement de renforcement succède aujourd’hui une revalorisation importante de l’euro qui touche les 1,30 dollars US pour une unité (contre 1,2065 le 26 juillet dernier, soit il y a moins de deux mois). L’indice français, à mi-parcours du mois de septembre affiche jusqu’à présent un quatrième mois de hausse consécutif de l’indice (en ordre de grandeur, une augmentation de 20%). Voici juste pour deux nouvelles intégralement boursières.
Sur le plan des actualités, un coup de fouet a été perçu par les marchés suite à deux annonces de la Fed de ce début du mois, la première pour réaffirmer la primauté de l’emploi sur l’inflation, la seconde, conséquence logique, l’annonce officielle d’un réel QE3, basé sur des rachats massifs de dettes immobilières américaines et autres titres jusqu’à ce que l’emploi se détende.
Inutile dès lors de consulter les augures pour deviner que les marchés risquent de porter une attention accrue à des paramètres tels la création de nouveaux emplois outre-atlantique.
Toutes ces mesures ont des effets que l’on constate aujourd’hui : une hausse des bourses mondiales, une dissémination (ou une stabilisation) des avoirs US sur les bourses européennes qui, de quelque nature que soit l’évolution des cours sous-jacents, vont vraisemblablement profiter d’un renchérissement de l’euro sur le billet vert par dissolution de ce dernier dans sa propre masse.
L’Europe elle-même essaie de doper le courant en lançant concomitamment de nouveaux projets et des dates, telles celle du lancement du MES (Mécanisme européen de stabilité) fin octobre, annonce d’autant plus symbolique qu’elle eut lieu à Nicosie, capitale de Chypre qui elle aussi est surexposée à la dette grecque ; la Grèce elle-même profite en parallèle de cette euphorie qui gagnerait du temps pour tenir ses engagements – plus de temps, à défaut d’argent, même si le Ministre des Finances allemand , M. Schaüble reste sceptique –…
Mais restons prudent, car, dans le même mouvement, l’or poursuit sa hausse, touchant un prix historique si celui-ci est ramené en euros, tandis qu’en dollars US, le niveau de fin février 2012 est presque regagné, faisant oublier un gros semestre de décontraction.
Rachèterait-on de l’or avec des dollars nouveaux ? Trop caricaturale, cette vision ne retient absolument pas notre attention. Mais le réalisme de certains intervenants démontre qu’en dépit de ces bonnes nouvelles, le réflexe de couverture dans LA valeur refuge par excellence qu’est le métal jaune est toujours fortement actif.
L’équipe de Eurasian Finance ©
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