La France et l’économie « standard »

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Louis_Gallois

Louis Gallois présente un rapport sur l’économie française qui demande des réactions politiques

Titre sinistre s’il en est lorsque mis en relief avec le rapport de Louis Gallois, ancien PDG d’EADS, sur l’économie française. Dans ce rapport clôturé le 15 octobre, et actuellement dans l’attente de sa publication officielle le 5 novembre, les mots suivants sonnent dangereusement : « A quelques exceptions près, la France n’a pas réussi sa montée en gamme », entendez par là par rapport à l’Allemagne, les pays scandinaves mais aussi, et ce sera une surprise pour certains, le nord de l’Italie et l’Espagne.

Ce n’est donc rien de dire que la France se voit mal positionnée sur l’échelle du rapport qualité/prix : la qualité différenciée se trouve supérieure notamment chez ses partenaires européens cités précédemment, tandis que le prix de sa production reste élevé par rapport aux standards des pays à coûts horaires sur le travail inférieurs à ceux de l’Hexagone.

Dans son dernier rapport, l’INSEE présente le témoignage de la baisse du moral des industriels, en chute depuis la mi-2011, baisse envoyant l’indicateur, lentement mais inexorablement semble-t-il, vers les plus bas de 2009. En septembre à 85, suite à une chute de 5 points par rapport au mois d’août, le minimum de 2009 est encore à 69, mais la confiance des industriels avait su remonter à 111 points ! Comme à l’accoutumée dans de pareils cas, c’est l’industrie automobile et l’industrie textile qui souffrent en tête, les premiers ayant leur chiffre d’affaires fortement dépendant du pouvoir d’achat des ménages, les seconds étant fortement soumis à la concurrence étrangère du low-cost vestimentaire.

Plusieurs voies sont évoquées par Louis Gallois pour expliquer un tel constat : le manque de communication entre la recherche privée et publique, le manque d’interactions entre PME et majors sectoriels, ainsi que la discordance entre les formations et la réalité économique industrielle. Sur ce dernier point, à nouveau, soulignons la difficulté particulière européenne à adapter cette adéquation au niveau national avec les exigences du Processus de Bologne sur la réforme de l’enseignement supérieur en Europe.

Bien évidemment est épinglée également la cherté du système français, le coût induit sur l’économie de son administration et, partant, de sa fiscalité élevée à tous les étages du système productif. Sur ce point, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, s’est déclaré prêt à envisager des baisses de charges patronales pour juguler en partie ce dernier phénomène, à la condition que cela ne se fasse pas en balance d’une augmentation de la CSG sur les ménages.

Si certains dénoncent ce rapport, lui reprochant de ne rien porter de nouveau comme information, comme diagnostic, d’autres se disent ouverts à des modifications à la baisse des charges sur l’économie. Mais tant que le système administratif français ne s’organisera pas pour fonctionner avec moins de rentrées, les mesures adoptées, au final, risquent de faire ressembler les actes de rigueur français à l’adage : « déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul »…

L’équipe de Eurasian Finance ©

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