Projet de budget 2013 : l’exception norvégienne ?

Filed under: ECONOMY,HEADLINES
JOHNSEN

Le Premier Ministre, M. Johnsen, très regardant sur le budget

Alors que plusieurs gouvernements, à l’instar de l’Espagne, établissent des budgets marqués par l’austérité pour réduire leurs déficits publics, la Norvège fait véritablement figure d’exception dans le paysage économique du continent européen.

En effet, en présentant lundi dernier son projet de budget pour l’année 2013, faisant état d’un excédent budgétaire de 249,5 milliards de couronnes – soit l’équivalent de 33,7 milliards d’euros, l’Etat norvégien n’est pas vraiment représentatif de l’air du temps.

 Mais pourquoi alors, le ministre des Finances du gouvernement travailliste norvégien, Sigbjørn Johnsen a-t-il qualifié le budget 2013 de « serré » ?

 L’explication se trouve dans la situation économique et financière particulière de la Norvège. Rappelons en effet que l’Etat norvégien a la possibilité de puiser (à hauteur de 4 % maximum) dans ses recettes pétrolières, placées dans l’un de ses deux fonds souverains, communément appelé le « fonds pétrolier » (Statens pensjonsfond Utland) qui représente un montant total de 600 milliards de couronnes (81,20 milliards d’euros).

 Pour l’année 2013, la Norvège prévoit ainsi d’utiliser 125 milliards de couronnes de ses revenus pétroliers pour financer ses dépenses publiques (contre 9 milliards pour l’année 2012). La particularité de l’Etat norvégien provient également de l’existence d’un autre fonds souverain, destiné au soutien et au développement des entreprises norvégiennes, le Statens pensjonsfond Norge, fonds de pension du gouvernement, qui affiche de la même manière, pour 2013, un excédent de plusieurs milliards d’euros.

 Ces spécificités ne sont cependant pas les seuls facteurs de la bonne santé affichée du projet de budget norvégien pour l’année 2013. La Norvège peut en effet se targuer de puissantes ressources d’hydrocarbures, et d’un cours du pétrole élevé, qui stimule les investissements et les revenus des ménages. Par ailleurs, elle bénéficie également de taux d’intérêt revus à la baisse grâce à la conjoncture économique fortement dégradée des autres pays occidentaux. Le gouvernement norvégien peut ainsi compter sur une croissance économique solide : sur l’année 2012, le PIB « terre ferme » (hors activités hydrocarbures et transport maritime) est attendu en hausse en 2013 à 3,7% (contre 2,7% en 2012) et les dépenses de l’Etat (+2,4 % l’an prochain) jouent également un rôle non négligeable : Oslo a par exemple concentré son effort sur les dépenses de transport en 2013 pour lesquelles 100 milliards de couronnes (13,6 milliards d’euros) seront utilisées.

 L’austérité en Norvège, ce n’est donc pas pour maintenant.

Catherine Haquenne pour EurasianFinance

Print This Post Print This Post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>